Des clairons dans l’après-midi

des-clairons-dans-lapres-midiErnest HAYCOX

Traducteur : Jean ESCH

Des clairons dans l’après-midi

Actes Sud – 2013

Première parution aux USA : 1944

 

L’histoire est basée sur la bataille légendaire de Little Big Horn en 1876, terrible défaite de l’armée américaine contre les Sioux. Josephine Russel fait la connaissance du mystérieux Kerl Schafter. Elle rentre chez elle à Bismarck dans le Dakota ; il s’engage dans la 7° cavalerie commandée par le général Custer. A peine l’uniforme endossé, Schafter apprend que Garnett, son grand rival, est lieutenant dans la même cavalerie. Le passé ne peut décidément pas l’oublier.

Le seul western que j’avais lu jusqu’ici est Faillir être flingué, l’admirable roman de Céline Minard (Payot et Rivages, 2013) ; un western moderne, un pays en perpétuelle mouvance. Des clairons dans l’après-midi renvoie à notre enfance, aux combats des Cowboys contre les Indiens, aux films avec John Wayne, Henry Fonda ou Gary Cooper. Ernest Haycox maîtrise son sujet. Terres arides, saloons, chemin de fer, peuple sioux et ambiances de caserne, tous les ingrédients d’un bon western sont rassemblés. L’amour y a autant de place que la conquête de l’ouest.

Lire ou regarder un film, ce n’est ni la même démarche, ni le même plaisir. Je n’ai pas vu le film tiré du roman (mauvais, d’après Bertrand Tavernier qui a écrit la postface du livre), mais comme tout le monde, j’ai visionné de nombreux westerns dans ma vie. En tournant les pages de Des clairons dans l’après-midi, je me suis sentie dans les coulisses d’un tournage. Si l’esprit western au cinéma (même filmé en studio) met souvent l’accent sur des paysages féériques, des immensités désertiques par exemple, il est limité dans la restitution des scènes de vie et se contente de l’essentiel. Chez Haycox, la richesse des dialogues m’a frappée dès les premières lignes. Pour lui, l’essentiel ne se limite pas à la lutte du héros contre le blizzard ou à la bataille sauvage que se livrent Américains et Sioux, scènes d’une puissance inouïe dans le roman. Il évoque avec la même précision millimétrée la vie de la garnison (soldats et officiers) ou les conditions de vie des femmes de militaires. Il approfondit la psychologie des personnages, principaux et secondaires.

Les images sont d’une telle finesse qu’on pourrait croire à de réelles photographies. Haycox a les dons d’un scénariste. Ça ne surprendra personne si l’on se rappelle que dix de ses œuvres ont été adaptées au cinéma pour produire douze films, réalisés et joués par d’aussi talentueux professionnels que Cecil B. DeMille, John Ford, John Wayne, James Stewart ou encore Claire Trevor.

=> Quelques mots sur l’auteur Ernest Haycox

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