Ce qu’est l’homme

David Szalay

Ce qu’est l’homme

Traducteur : Etienne Gomez

Albin Michel – 2018

 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le titre de cet ouvrage associé à la photo de couverture incite à la curiosité. Il s’agit d’une affirmation brutale, d’un constat. Voici ce qu’est l’homme. L’Homme ? En fin de lecture, je me suis interrogée : de quoi parle ce recueil de nouvelles ? Et bien… de ce qu’est l’homme, très exactement. L’homme à différents stades de son existence. Pas l’enfant ou le futur-homme, non. L’homme, celui que les hormones dominent ou qui se laisse dominer par elles.

La première nouvelle met en scène deux adolescents de dix-sept ans, sac au dos, dans leur tour des capitales européennes. Ils s’installent quelques jours à Prague, logent chez l’habitant – ou plutôt l’habitante. L’un des adolescents, extraverti, ne pense qu’à accumuler les conquêtes ; le deuxième au contraire, romantique et amoureux, se réserve pour sa belle laissée en France. Le ton est juste, les jeunes délicieux, attachants. A la fin de la nouvelle, je n’ai eu qu’un regret, celui de les laisser achever leur tour d’Europe sans moi.

Dans la deuxième nouvelle, c’est un autre jeune, d’une vingtaine d’années celui-là, que le lecteur va suivre au cours de ses vacances solitaires à Chypre. Dans la troisième, ils ont la trentaine, ils sont trois, un peu chelous, en voyage d’affaires à Londres. Et ainsi de suite.

Plus on avance dans le livre, plus ils sont âgés. David Szalay a choisi des personnages d’une triste banalité, mais a su en croquer des portraits tellement sensibles et réalistes que leurs traits principaux sont mis en lumière comme dans un tableau en clair-obscur. Le résultat est éblouissant. Qu’est l’homme, finalement ? La réponse de l’écrivain n’est pas très réjouissante pour la gent masculine, je préfère prévenir. Est-ce la faute de l’époque ? Celle de la testostérone ? Est-ce hélas désormais le destin de l’homme ? Comme David Szalay prend des citoyens de toute l’Europe pour étayer sa thèse, il semble pencher pour la troisième réponse. La société moderne ne laisse plus place aux rêves ni à la beauté. Sexe, argent, pouvoir, voilà les seuls guides.

J’ai refermé le livre particulièrement émue. Emerveillée par la simplicité et la justesse du texte, ébranlée par la fatalité du message distillé. Et j’ai cherché dans l’agenda culturel de ma ville les opportunités de sorties, pour contrebalancer la solitude que dégage chaque portrait. Tant qu’il y a l’art, tout n’est pas perdu.

=> Quelques mots sur l’auteur David Szalay

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