Chaleur

Joseph Incardona

Chaleur

Editions Finitude – 2016

 

La Finlande est un pays assez peu connu, quand on y pense. Que savez-vous, par exemple, de ses festivals ? De son championnat du monde de porter d’épouses ? Du football en marécage ? Du lancer de botte ? Du championnat d’écrasement de moustiques ?

Chaleur, vous vous en doutez peut-être, n’évoque pas la météo d’Europe du nord ; pour se réchauffer, il faut chercher ailleurs. Le roman est consacré au championnat du monde de sauna. Cent-deux concurrents s’affrontent dans un sauna à 110°C. Celui qui tiendra le plus longtemps gagnera le titre. Les champions viennent de partout. Turquie, Russie, Finlande bien sûr… Joseph Incardona ne nous embarque pas dans une visite guidée de la Finlande. Il consacre tout le roman au chapiteau dans lequel se dresse le sauna et à l’hôtel où dorment les concurrents. Parmi eux, deux favoris dont il va décortiquer le mental et l’emploi du temps durant les quatre jours du tournoi : Igor le Russe, éternel second et Niko Tanner l’acteur de porno, vainqueur des trois derniers championnats. Qui va gagner la coupe, cette année ?

J’attendais beaucoup de ce roman, après avoir rencontré l’auteur invité de la librairie de mon quartier. Joseph Incardona a la parole facile, beaucoup d’humour. Il parle de son roman et de ses romans précédents (Derrière les panneaux il y a des hommes, par exemple, Grand Prix de littérature policière 2015) avec un enthousiasme communicatif. Ses héros sont hauts en couleur. Prenons Niko Tanner, dans Chaleur : son métier n’est pas banal, c’est le moins qu’on puisse dire ; Joseph Incardona a imaginé un personnage tout à fait unique, un acteur porno sur le retour qu’il suit dans son intimité. Un peu de voyeurisme ne faisant jamais de mal, j’avais envie de me délecter des affaires salaces promises par l’auteur et mes fantasmes. J’ai donc acheté le livre à l’occasion de cette rencontre.

Mais j’ai été globalement déçue… Je m’attendais à plus de croustillant, à un texte au vocabulaire truculent, un livre qui fait du bien à l’âme en quelque sorte. Le sujet s’y prête, si on y pense. Il faut être fêlé pour s’installer dans un sauna à 110°C et décider d’y rester plus longtemps que les autres. Les intrigues cocasses comme celle-ci sont propices à une histoire au goût doux et amer. L’auteur m’avait séduite dans la librairie, je m’attendais à retrouver son charisme entre les lignes du texte. Il y a de l’humour dans le roman, on ne peut pas dire qu’il n’y en a pas. Du sarcasme, du cynisme aussi. Du vocabulaire truculent également, oui, sinon le choix des personnages serait incompréhensible. Mais le tout est enveloppé dans une sécheresse de style voulue par l’auteur ; il souhaitait reproduire dans l’écriture la température et la sécheresse du sauna. Le style est donc sec, claquant. Hélas, trop technique à mon goût. Je me serais attendue, au contraire, à un style décalé, tout comme les personnages le sont.

Du coup, je me suis assez peu laissé emporter par l’histoire. Je suis restée au niveau des règles du championnat que Joseph Incardona rappelle à la dernière page du roman. Et je le regrette. Je ne sais pas ce qui restera dans ma tête de cette histoire dans quelques semaines. L’envie de retourner en Finlande, peut-être. Déjà pas si mal !

=> Quelques mots sur l’auteur Joseph Incardona

Publicités

6 réflexions sur “Chaleur

  1. Bonjour,
    J’ai également eu le plaisir de voir et surtout d’écouter cet auteur lors d’un salon du livre de poche, en entretien croisé avec Sandrine Collette et Nicolas Mathieu. Sa jovialité est en effet très agréable ! Je l’ai découvert avec Derrière les panneaux…, que j’ai trouvé excellent.
    J’attends la sortie en poche de celui-ci pour le lire.

    J'aime

  2. Lu en une heure. Une bonne idée cependant, exploitée à mon avis au maximum de ses possibilités. Je partage ton avis sur le style. Un abus de phrases nominales. Je n’ai pas bougé une oreille. Tout est à l’emporte-pièce, il est asséner un tas de phrases assez pauvres « on obtient tout d’un homme pas de sa queue » et la non moins sans queue (de circonstance) ni tête « La musique est fauchée comme l’homme solitaire courant sur une voie ferrée ».

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s