L’effervescence du pianiste

leffervescence-du-panisteEmmanuelle Cart-Tanneur

L’effervescence du pianiste

Jacques Flament Editions – 2014

Ce recueil de nouvelles est essentiellement constitué de contes fantastiques. Emmanuelle Cart-Tanneur utilise le surréalisme pour alimenter sa pensée : des mots doux consolent un homme éploré qui vient de perdre sa femme ; des poissons s’envolent d’un lac artificiel avant qu’il ne soit vidé pour sa purge décennale. L’élément fantastique est tellement proche de nous, dans chaque cas, qu’il pourrait bien se matérialiser. Un piano dans un sous-sol cherche la lumière ? Fermez les yeux, imaginez-le dans les profondeurs de son parking. Y a-t-il une si grande différence entre l’envolée des notes et celle de l’instrument qui les émet ? Dans un grand classique d’Alexandre Dumas, l’abbé Faria oublie bien sa prison, lui aussi, lorsqu’il décrit les grottes de l’île de Monte-Cristo à Edmond Dantès. Il lui suffit d’y croire.

Le maître mot de ce recueil est sans doute la liberté. Qu’elle soit acquise ou que l’on y aspire, évasion dans le temps ou l’espace, la thématique est développée tout au long des treize textes.

Une certaine mélancolie les enveloppe. Si la ficelle des intrigues est assez uniforme d’un texte à l’autre, l’ensemble est magnifique. L’âme des personnages, pure ou noircie, se dévoile à travers ces petits riens qui sont si familiers de chacun d’entre nous : une facture, des notes de musique, une liste de courses ou encore un effluve printanier… astiquons nos meubles et soignons nos objets, ils peuvent connaître nos pensées profondes et rendre nos rêves accessibles. Emmanuelle Cart-Tanneur nous invite à nous laisser guider par nos espoirs, beaucoup moins inaccessibles que la réalité ne le laisse penser, finalement.

J’ai beaucoup aimé ce recueil, premier que je lis de cette auteure prolixe (une dizaine de livres à son actif). Son écriture douce, poétique et humaine m’a beaucoup touchée. Je ne suis pas la seule, d’ailleurs : Emmanuelle Cart-Tanneur a été distinguée par plus d’une trentaine de prix littéraires dans les cinq dernières années.

Un matin, juste après le départ de son mari, Camille ouvrit le secrétaire et y enfourna, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, le carton à dessin que j’avais vu dans ses mains. J’eus le temps d’apercevoir ma maîtresse gantée et chapeautée, elle qui paraissait habituellement toute la matinée en déshabillé. Puis la porte d’entrée claqua et nous nous retrouvâmes face à face avec le porte-documents inconnu, dans une pénombre qui ne facilitait pas les présentations.

– Bienvenue, lançais-je avec réserve, mais non sans curiosité.

=> Quelques mots sur l’auteur Emmanuelle Cart-Tanneur

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