Bilan des Journées des écritures de Cluny

Un grand moment de rencontres, une nouvelle fois ! N’étaient attendus dans les écuries de Saint-Hugues (XIX° siècle) que des éditeurs, chacun accompagné par un ou deux auteurs. J’ai donc eu le plaisir de passer la journée avec Éliane et Henri, moments que j’apprécie particulièrement (j’espère qu’eux aussi, sinon rien ne va plus).

La journée, riche en rencontres comme d’habitude, pourrait être mise cette fois-ci sous le signe des auteurs et des enfants. Vous verrez, les deux sont parfois étroitement liés.

Je passe rapidement sur l’ego des auteurs (d’une autrice, plutôt, ne généralisons pas). Une femme répond à mon aimable proposition (si si) de lui présenter mes romans par un « Non merci, j’écris aussi » des plus pincés. Loin de m’en offusquer, je me suis promis soit de rester rivée à ma chaise toute la journée, soit de feuilleter tous les livres des présentoirs avant de les acheter (tous). Je vous laisse deviner l’option que j’ai choisie.

Un jeune homme, 25 ans tout juste, s’arrête pour discuter. L’âme sœur le tente bien. Nous discutons, discutons, je raconte l’intrigue et tout et tout et il finit par cracher le morceau : il a écrit un roman lui aussi. Un mélange de thriller, espionnage et polar, qu’il a autoédité. Il n’a pour le moment aucune visibilité sur aucun réseau social, il ne s’est inscrit sur Facebook que l’avant-veille. Tiens, ça me rappelle quelqu’un… Il me demande des astuces pour rencontrer des éditeurs. J’ai fait quoi, à votre avis (un roman au premier qui devine) ? Henri étant disponible à ce moment-là, je les ai aussi sec présentés l’un à l’autre. Vous auriez vu mon nouvel ami subitement pris d’une tremblote telle que ses mains dansaient toutes seules ! Il essayait de les calmer, mais impossible. Mon cœur de maman a bondi dans ma poitrine, je vous jure ! Je l’aurais volontiers serré dans mes bras (devant tout le monde, ça craint quand même).

A trente minutes d’intervalle, une gamine de treize ans et un jeunot de quinze s’arrêtent avec leurs parents. Ils se destinent tous les deux à cette noble profession. Qui a dit que les jeunes ne sont plus porteurs d’espoir ? Il fallait voir leurs yeux briller, lorsqu’ils ont évoqué leurs lectures (des classiques, mais oui, des classiques ou leurs esquisses de nouvelles… Un véritable bonheur pour la lectrice que je suis. La maman de l’adolescente a absolument tenu à lui acheter L’âme sœur. J’ai eu beau lui présenter quelques retours de lecture, lui proposer de le lire avant, de décider sur pièce, non non. Sa fille lit de tout, c’est pour elle. N’allez pas croire que ce livre est interdit aux moins de dix-huit ans, hein. C’est juste que treize ans, c’est un peu jeune… Mais ce n’était pas à moi de décider, pour le coup. Si la petite fait des cauchemars, après, j’aurais prévenu !

Un papa achète L’âme sœur et me demande de le dédicacer à ses quatre enfants. Il ne les aime pas, ou quoi ? J’ai donc dédicacé un roman qui traite du rapport parents-enfants de manière plutôt négative à Anne-Lise, Thomas, Ethan et Mathis. Le dernier, encore en poussette, n’en pouvait plus d’être trimbalé d’un stand à l’autre. Je ne suis pas certaine qu’il lise les aventures d’Anne et Philippe de sitôt !

A part ça, quelques rencontres improbables, comme toujours : une femme lit la quatrième de couverture d’un témoignage publié par L’Astre Bleu Editions et se sauve en courant, trop secouée par le sujet. Un charmant jeune homme m’écoute attentivement présenter mes romans avant de m’avouer qu’il est Espagnol. Une femme passe en coup de vent, il est 10h10, le salon vient tout juste d’ouvrir ses portes. Elle ne s’arrête pas, elle est en croisière sur la Saône et le Rhône, leur bus part dans dix minutes.

Ah, les merveilleux échanges que l’on fait dans un salon… Je me régale, à chaque fois !

Merci pour votre patience et votre lecture !

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